Minecraft laisse aussi sa trace dans le monde du capital-risque européen. Carl Manneh, cofondateur du studio Mojang, à qui l'on doit la création et le développement de Minecraft, figure parmi les nouveaux investisseurs du fonds suédois BackingMinds. Celui-ci a annoncé le 21 octobre 2026 la clôture de la première tranche de son troisième fonds, à plus de 50 millions d'euros (56,1 millions de dollars).

Qui se cache derrière l'argent

Aux côtés de Manneh, Sebastian Knutsson, cofondateur de King, le studio connu pour Candy Crush, a rejoint les nouveaux soutiens du fonds. Karl-Johan Persson, héritier de la famille derrière la marque H&M, et Conni Jonsson, fondateur du fonds EQT, ont eux aussi participé à ce tour de financement. Le Fonds européen d'investissement (FEI) s'est engagé à hauteur de 20 millions d'euros, ce qui en fait l'un des plus gros participants individuels de cette tranche.

BackingMinds a été fondé en 2016 par Susanne Najafi et Sara Wimmercranz. Dès le départ, le fonds mise sur des fondateurs extérieurs aux réseaux traditionnels du capital-risque : d'après les chiffres citées par les deux investisseuses, 43 % des entrepreneurs soutenus sont des femmes, 43 % autres ont des origines migratoires, et plus de 70 % des entreprises ont vu le jour hors des grands pôles de startups comme Stockholm ou Copenhague.

À quoi servira l'argent

La nouvelle tranche doit financer 15 à 20 entreprises actives dans l'intelligence artificielle, le climat et ce qu'on appelle la « resilience », c'est-à-dire la robustesse économique et technologique. Susanne Najafi, citée par Bloomberg, a souligné un problème plus large du marché européen du capital-risque : « le capital a été bloqué » à cause du nombre limité d'introductions en Bourse (IPO), ce qui complique pour les fonds européens le versement de rendements à leurs investisseurs.

Pour Carl Manneh, c'est une nouvelle étape en dehors de Mojang. Il a été l'une des figures clés de la construction de Minecraft, côté business comme côté technique, à l'époque où le studio était encore indépendant, avant son rachat par Microsoft en 2014 pour 2,5 milliards de dollars. Depuis, une partie des créateurs du jeu s'investit régulièrement dans d'autres projets technologiques et d'investissement, grâce au capital issu du succès de la marque.

Minecraft, base d'une carrière d'investisseur

L'investissement de Manneh dans BackingMinds n'a pas de lien direct avec le développement du jeu : Mojang Studios, qui appartient à Microsoft, continue de travailler seul sur les prochaines versions, dont les snapshots actuels de la série 26.4, disponibles en téléchargement dans Java Edition. C'est plutôt un exemple de la façon dont les fortunes bâties sur l'un des jeux les plus vendus de l'histoire irriguent un écosystème technologique plus large en Europe, surtout en Scandinavie, d'où viennent à la fois Minecraft et King.

L'histoire de Mojang est depuis des années étroitement liée à la scène startup suédoise : l'équipe d'origine, avec notamment Markus « Notch » Persson et Jens Bergensten, travaillait à Stockholm avant que la marque ne passe sous l'aile de Microsoft. L'engagement de Manneh dans BackingMinds montre que le capital et les contacts construits avec Minecraft continuent d'alimenter de nouveaux projets dans la région, plus de dix ans après la vente du studio.

La suite pour le fonds

BackingMinds n'a pas encore communiqué la taille définitive de son troisième fonds après la clôture de toutes les tranches, se limitant à la première clôture à 50 millions d'euros. Les fondatrices annoncent qu'elles continueront à chercher des investisseurs avant la clôture finale, et les premiers investissements du nouveau capital doivent aller, dans les prochains mois, à des entreprises des secteurs de l'IA et du climat.

Sources